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De la révolution de l’Internet à celle de la Blockchain : trois illustrations concrètes récentes !

De la révolution de l’Internet à celle de la Blockchain - trois illustrations concrètes récentes !

Définissons d’abord ce qu’est une Blockchain comme je l’ai déjà fait dans mon article du 17 septembre 2018 intitulé « Pour protéger le miel pur et naturel contre ses escrocs chinois : création d’une nouvelle Blockchain internationale ! » :

 

« Une Blockchain – ou chaîne de blocs, en français – est une base de données numériques qui est à la fois décentralisée et infalsifiable du fait qu’elle est produite à partir d’équipements informatiques de cryptographie. »

« Sa méthode de traitement algorithmique a été historiquement créée pour enregistrer et suivre les transactions de la cryptomonnaie Bitcoin, elle-même inventée en 2008, et subséquemment imitée par plus de 1500 autres cryptomonnaies dont l’Ethereum est la 2ème plus importante. »

« En somme, une Blockchain est une nouvelle technologie « révolutionnaire » (à titre d’« innovation de rupture ») de stockage et de transmission d’informations qui est à la fois transparente, sécurisée, inaltérable, fonctionnant sans organe central de contrôle et qui constitue une base de données contenant l’historique de tous les échanges antérieurs. »

 

Première illustration : assurance agricole

 

« Une Blockchain peut porter des informations « statiques » comme des transactions d’échange de Bitcoins, mais peut aussi être le porteur de programmes auto-exécutables, appelés Smart Contracts car ils peuvent agir comme des contrats « auto-porteurs » et automatiques.

« Nous en voyons apparaître les premiers usages comme par exemple une assurance agricole liée à la météo, dont le Smart Contract ira automatiquement chercher la pluviométrie / l’ensoleillement auprès d’une source agréée par avance (météo France par exemple), et paierait le cas échéant l’indemnité convenue de manière automatique entre les parties. »

 

Qu’est-ce qu’un « Smart Contract » ?

 

« Le concept de smart contract fut établi au milieu des années 1990 par Nick Szabo, scientifique et cryptographe. Un smart contract est l’équivalent informatique d’un contrat traditionnel. Cependant, à la différence d’un contrat traditionnel, dont l’exécution est régie par un cadre juridique, celle du smart contract ne nécessite l’intervention d’aucun tiers de confiance et est, en tant que protocole informatique, régie par le code informatique. Un smart contract est un logiciel qui ne dispose en tant que tel d’aucune autorité juridique. Le smart contract s’appuie sur la technologie blockchain pour sécuriser et rendre infalsifiables les termes et les conditions de son exécution. »

« En pratique, un smart contract exécute automatiquement des conditions définies au préalable et inscrites dans une blockchain. Seul le code informatique décide de l’exécution totale ou partielle d’un contrat. La sécurité d’un smart contract est-elle pour autant absolue ? Non, car a minima des failles de sécurité dans le code open source pourraient, en certaines circonstances exceptionnelles, être exploitées pour modifier les termes d’un contrat. Moins coûteux, plus rapide et ne nécessitant aucun tiers de confiance, le smart contract trouve déjà de multiples applications dans les domaines de l’assurance, de l’immobilier ou de la “supply chain”, pour ne prendre que quelques exemples. »

 

Deuxième illustration : traçabilité d’une aile de poulet

 

« Associée à l’organisme de normalisation GS1, la coopérative Terrena met en œuvre une approche rééquilibrée de la traçabilité (…) Un certain nombre de crises récentes ont souligné toute l’importance de la traçabilité en termes de rapidité d’action, d’information du consommateur et de clarification des responsabilités. »

« (…) Alimentée dans un premier temps avec les données d’environ 200 éleveurs de Terrena, la plateforme est testée sur quelques cas d’usage comme la traçabilité complète d’une cuisse de poulet (mon souligné) en sortie de découpe. Traçabilité complète, cela signifie vers l’aval (circuit de distribution) comme vers l’amont (élevage et lot d’origine), mais aussi possibilité de changer de point de vue et de bifurquer (repartir de l’animal vers ses autres débouchés). »

 

Troisième illustration : certification d’un diplôme universitaire

 

L’un des grands domaines d’utilisation de la Blockchain peut remplacer en quelque sorte la notarisation d’actes et de documents puisque la technologie de la Blockchain a, comme nous l’avons vu, la capacité quasi illimitée à stocker et rendre infalsifiable la preuve de l’existence et, mieux encore, de l’authenticité d’un document à une date donnée.

C’est ainsi que « l’Université Léonard de Vinci, à La Défense Paris, expérimente ce moyen dématérialisé pour certifier les diplômes qu’elle délivre. »

Pour les employeurs, à l’étape de l’embauche des nouveaux diplômés, cette cyber-certification signifie la fin de la longue (souvent plusieurs jours ou semaines) et fastidieuse vérification des curriculum vitae visant la détection des faux diplômes.

Dans cette perspective, plus près de nous, à l’UQAM, j’ai déjà écrit, le 23 juillet 2018, à notre rectrice, Madame Magda Fusaro, ce qui suit :

« La présente est pour vous faire la suggestion de devenir la toute première université du Québec (et peut-être du Canada) à attribuer des diplômes numériques à tous ses étudiants via une Blockchain. »

« Diverses universités dans le monde ont déjà appliqué cette nouvelle technologie révolutionnaire (en français, « chaîne de blocs »), telle la prestigieuse université du Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Cambridge aux États-Unis (…) dont voici un extrait :

« (…) En résumé, cela fonctionne ainsi : l’université associe un diplôme à un identifiant unique pour chaque étudiant, et stocke ces données dans la blockchain – un genre de registre sécurisé et infalsifiable en ligne. Les futurs candidats n’ont plus qu’à envoyer leur diplôme numérique aux employeurs qui peuvent vérifier son existence dans la blockchain.. »

Sept mois plus tard, je suis stupéfait de devoir constater que cette brillante idée/suggestion de ma part n’aura pas reçu autre chose, à date, qu’un simple accusé de réception.

 

Daniel Clapin-Pépin MBA, Scol.Ph.D. (Science-Po)
Professeur à l’École des sciences de la gestion
Université du Québec à Montréal
Département des sciences comptables

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