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Toute nouvelle exploitation de pétrole est irresponsable !

pétrole irresponsable

Il est mensonger, comme le répète, tel un perroquet idiot, le gouvernement du Québec avec son projet de loi sur les hydrocarbures (annoncé dans le journal Le Devoir du 7 juin 2016), de référer à une supposée « exploitation responsable d’éventuels gisements de pétrole ».

En effet, depuis la COP 21 de l’Accord international de Paris du 12 décembre 2015 où tous les pays du monde ont convenu que la priorité climatique # 1 était la réduction urgente de nos émissions de gaz à effet de serre, il n’existe plus telle chose qu’une « exploitation responsable » d’un quelconque nouveau gisement de pétrole, ou de charbon, ou de gaz de schiste.

À propos de « responsabilité environnementale »

 

Précisons d’abord ce que signifie cette notion fondamentale de « responsabilité environnementale » qui est au cœur du « management environnemental » que j’enseigne au Département des sciences comptables de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM depuis 1987, année de ma conversion (personnelle et universitaire) de l’économicisme à l’écologisme en suite à ma lecture du Rapport Brundtland intitulé « Notre avenir à tous » (Our Common Future) et rédigé en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’Organisation des Nations unies alors présidée par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland.

Ma définition professorale et synthétique (parmi mille autres possibles) de la « responsabilité environnementale » est « L’obligation, juridique ou éthique, de répondre (du latin « respondere ») et rendre compte (en termes d’imputabilité ou en anglais d’« accountability ») des conséquences raisonnablement prévisibles (notamment selon les prévisions scientifiquement fondées de la climatologie) de ses actes et non-actes (par exemple, en management, le refus de prendre une décision pour résoudre un problème, ou en droit criminel, la non-assistance à une personne en danger) en termes de dommages directement causés à autrui (selon le lien de causalité du Code Civil du Québec) et/ou d’atteinte au droit humain (vital et fondamental) à un environnement sain pour les générations actuelles et futures. »

 

Ce que nous enseigne la science

 

Cela établi, la climatologie, cette branche de la science qui a pour objet d’étude notre atmosphère à titre d’écosystème qui nous procure de l’air respirable dans un climat stable, nous enseigne notamment que notre pays, le Canada, a pour « responsabilité environnementale » directe de laisser au moins 85 % de ses ressources pétrolières connues dans le sol selon une étude scientifique publiée le 7 janvier 2015 par la prestigieuse revue « Nature ».

Autrement dit, la science nous dit que le Canada se doit, pour respecter ses engagements internationaux, de réduire radicalement la production des sales sables bitumineux albertains jusqu’au point où elle sera pratiquement devenue marginale et insignifiante en 2020.

Or, pour l’heure, c’est tout le contraire qui se déploie, tant au Québec avec son actuel projet de loi sur les hydrocarbures, que dans l’Ouest canadien avec leurs pétrolières qui tentent par tous les moyens possibles de corrompre nos représentants politiques en faveur de la construction de pipelines pour pouvoir évacuer une future production canadienne de pétrole qui devrait osciller entre 6 et 7 millions de barils par jour (Mb/j) d’ici 2040, contre 3,87 Mb/j en 2015.

Conclusion

 

Pareille politique énergétique du Canada – et du Québec – est totalement « irresponsable » parce que contraire et incompatible avec la nécessaire et urgente réduction budgétaire climatique de 40 à 70 % d’ici 2050 (par rapport à 2010) des émissions mondiales (avant de devoir les faire complètement disparaître en 2100) selon le dernier rapport (en 2014) du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Somme toute, ce qui est en jeu selon le GIEC, si nos politiques énergétiques actuelles se maintiennent, est que la planète connaîtra une hausse de plus de 3 °C au cours du présent siècle, ce qui entraînera l’effondrement irréversible de la sécurité alimentaire pour des millions d’êtres humains ainsi que la raréfaction des ressources d’eau potable pour des populations entières – notamment celles du Sud du Sahara – qui seront consécutivement obligées de migrer, avec toutes leurs familles, dans une conjoncture explosive de crises et de violents conflits pour l’accès à des ressources de plus en plus rares.

Il est urgent de penser globalement et d’agir localement !

 

Daniel Clapin-Pépin

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