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Création d’une nouvelle Coopérative d’entraide Carpe Diem à l’attention des personnes vivant seules !

Création d’une nouvelle Coopérative d’entraide Carpe Diem à l’attention des personnes vivant seules !

Mon idée de départ pour la création d’une nouvelle Coopérative d’entraide Carpe Diem découle d’un article de Davide Gentile (publié le 27 mai 2019 aux nouvelles de Radio-Canada) relatant le décès – qui aurait pourtant pu être évité – de Marie Chiasson, une septuagénaire retrouvée agonisante quelques jours après avoir fait un accident vasculaire cérébral (AVC), seule dans sa chambre :

« (…) Marie Chiasson prenait la plupart de ses repas du soir à la cafétéria. Mais le samedi 27 août 2016, elle ne se présente pas au souper. Et contrairement à son habitude, elle manque la messe du dimanche et le repas de ce soir-là.

« Dimanche le 28 [août], on a constaté l’absence, mais on n’a pas fait de vérifications. Lundi le 29 non plus », observe le coroner Marc Boudreau.

Mardi le 30 août, une amie, inquiète, alarme la direction de la résidence. Marie Chiasson est découverte inconsciente au sol dans sa chambre en fin de journée, mardi. Transportée à l’hôpital, elle décède quelques heures plus tard. »

 

Paralysie suite à un accident vasculaire cérébral (AVC)

 

Une autre tragédie semblable d’un décès par ailleurs « évitable » a été rapportée par Alex Drouin dans le Journal de Montréal du 10 juin 2019 :

« (…) Patrick Claveau, le 23 février dernier, est resté coincé seul chez lui pendant plus de deux semaines, abandonné à son triste sort, en raison d’un important accident vasculaire cérébral (AVC).

N’ayant pas encore retrouvé parfaitement l’usage de la parole, l’homme de 45 ans explique… qu’il est resté pendant plusieurs jours immobilisé dans son lit.

C’est son ex-conjointe, Sonia Boire, qui l’a découvert dans son appartement alors qu’elle n’avait plus de ses nouvelles depuis plusieurs jours.

« Lorsque je suis arrivée, il était dans son lit et il pleurait », raconte-t-elle

La dame s’était rendue chez son ex-conjoint le 11 mars, soit 17 jours après qu’il eut fait son AVC.

« Il y avait des spots de moisissure dans son lit, car il avait uriné et l’odeur était nauséabonde », ajoute-t-elle.

… Patrick Claveau croit que l’AVC l’aurait frappé vers 3 h du matin.

« Je n’étais plus capable de crier pour appeler de l’aide », relate-t-il.

Le quadragénaire a bien essayé de se déplacer de son lit à quelques reprises, mais il tombait toujours au sol puisque le côté droit de son corps était complètement paralysé.

Il a survécu en se nourrissant de chocolats de la Saint-Valentin qu’il avait sur sa table de nuit.

De peine et de misère, il est parvenu à s’abreuver afin d’éviter la déshydratation.

« Je pesais autour de 225 livres et lorsque les médecins ont vérifié mon poids à l’hôpital, j’étais rendu à 180 », fait remarquer M. Claveau.

… Les médecins lui ont fait savoir qu’il aurait besoin d’un peu plus d’une année pour se rétablir.

Selon Christian Stapf, neurologue au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), si M. Claveau avait été soigné rapidement après son malaise, il aurait diminué ses chances d’avoir des séquelles.

« S’il avait été soigné dans les quatre premières heures et demie, on aurait pu lui donner un médicament qui a le potentiel de débloquer l’artère et de faire disparaître l’AVC », soutient le médecin. »

Chaque année, 130 000 nouvelles personnes sont victimes d’un AVC en France et, dans le monde, il est la deuxième cause de mortalité, aussi bien dans les pays développés que dans ceux en développement.

 

La solution préventive des AVC



La conclusion qui découle de ces deux affligeants exemples nous révèle un besoin non comblé pour les personnes vivant seules qui pourraient – et devraient – bénéficier d’un système d’entraide « quotidien », d’où le nom de « Carpe Diem » associé à cette future Coopérative d’entraide.

Or, au plan organisationnel, il existe déjà deux types de système  permettant de minimiser les séquelles négatives possibles d’un AVC chez une personne vivant seule (que ce soit sous forme de décès ou de handicaps subséquents) : A) les systèmes d’entraide interpersonnelle par voie d’appel téléphonique quotidien et B) les systèmes de télésurveillance avec détecteurs automatiques de mouvement (beaucoup plus coûteux à raison d’au moins 35 $ par mois).

Notre Coopérative d’entraide Carpe Diem correspondrait au premier type de systèmes où, comme dans le cas référé ci-dessus de Marie Chiasson, le coroner a recommandé l’instauration d’un système d’entraide interpersonnelle par voie d’appel téléphonique quotidien équivalant à des prises de présence téléphonique chaque jour avec, le cas échéant, intervention d’une personne externe pour acheminer la victime d’un AVC à l’hôpital le plus proche.

 

Structuration future de la Coopérative Carpe Diem

 

En conclusion, ce projet répond à un besoin non comblé pour les personnes vivant seules peu importe leur âge.

Cependant, à cette étape-ci de la création d’une nouvelle entreprise de type coopératif, il serait prématuré pour moi de vouloir préciser toutes et chacune des diverses composantes de la structure de cette nouvelle Coop eu égard à ses aspects commerciaux et marketing.

Toutefois, il est clair dans mon esprit que le rôle que je souhaite tenir dans cette nouvelle entreprise coopérative consiste à m’associer avec divers partenaires intéressés et disponibles pour s’impliquer soit A) dans la structuration managériale (tant stratégique que quotidienne), soit B) dans le financement i) public « externe » ou ii) « interne » provenant des membres coopératifs.

 

Daniel Clapin-Pépin MBA, Scol.Ph.D. (Science-Po)
Professeur à l’École des sciences de la gestion
Université du Québec à Montréal
Département des sciences comptables

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