Altermondialisme

La Blockchain au secours de l’Écologie !

La Blockchain au secours de l’Écologie !

 

En matière d’écologie, la communauté scientifique internationale est d’accord pour considérer le dérèglement climatique – actuel et futur – comme étant la problématique mondiale #1 pour la survie même de l’humanité.

Or, au double plan humain et climatique, l’un des pires effets actuels de ce dérèglement climatique concerne les 21,5 millions de réfugiés climatiques qui, en moyenne annuelle de 2008 à 2016, ont déjà été forcés de quitter leur foyer pour cause d’événements météorologiques extrêmes (inondations, ouragans, sécheresses, etc.) selon la UN Refugee Agency.

Il est à noter que derrière ce nombre moyen annuel de 21 500 000 êtres humains forcés de s’exiler à cause des bouleversements du climat se cache une grande injustice sociale car cette catastrophe humaine ne frappe – quasi uniquement – que les habitants des pays pauvres du Sud.

Or, ceux-ci n’ont, collectivement, quasi aucune responsabilité historique & cumulative dans ledit dérèglement climatique dont les 10 plus importants émetteurs de CO2 pour la période du 1850 à 2011 sont les suivants :

1) 27 % pour les États-Unis

2) 25 % pour l’Union européenne (28 membres)

3) 11 % pour la Chine

4) 8 % pour la Russie

5) 4 % pour le Japon

6) 3 % pour l’Inde

7) 2 % pour le Canada

8) 1 % pour le Mexique

9) 1 % pour le Brésil

10) 1 % pour l’Indonésie

11) 17 % pour le reste du monde

 

Lien interdisciplinaire entre écologie et cryptologie

 

Cela précisé, faisons le lien interdisciplinaire entre l’écologie et la cryptologie telle qu’incarnée dans la technologie révolutionnaire de la Blockchain à titre de solution potentielle à cette double problématique du dérèglement climatique et des réfugiés en découlant directement.

Les blockchains sont des bases de données digitales et cryptographiques réparties sur plusieurs utilisateurs. Elles ont d’abord été développées comme un moyen de suivre les transactions de la monnaie Bitcoin mais ont depuis été adaptées dans de nombreuses autres industries, y compris les services financiers, la gestion de la chaîne d’approvisionnement, la musique et l’énergie. Elles créent des enregistrements permanents d’événements – par exemple, le transfert de Bitcoin d’un ordinateur à un autre – et sont infalsifiables en soi car aucune personne dans une blockchain ne peut modifier un bloc (ou un enregistrement) sans changer tous les autres blocs qui s’y réfèrent.  En d’autres termes, une blockchain est une vérité consensuelle convenue entre tous ses participants et sans l’intervention d’une tierce partie extérieure.

Selon ces caractéristiques socio-économiques radicalement révolutionnaires, les « chaînes de blocs » sont considérées comme particulièrement favorables, notamment, à la gestion des programmes dits de « fidélisation de clientèle » où le suivi des transactions sur plusieurs sites et plusieurs entreprises à la fois est actuellement (sans l’aide d’une blockchain) un processus très lourd et fort coûteux.  Illustrons cela avec l’exemple suivant.

 

Une possible application de la Blockchain via les « crédits carbone »

 

Don Tapscott lance CarbonX au Canada avec son frère Bill et son fils Alex, ainsi que Jane Ricciardelli, un vétéran de l’industrie de la fidélisation.

Voici le fonctionnement de CarbonX.  Primo, l’entreprise achète des compensations de carbone – dénommées « crédit carbone » – dans le cadre d’un programme soutenu par les Nations Unies et appelé REDD +, soit un programme qui évalue et certifie les réductions de gaz à effet de serre provenant de divers projets de foresterie en termes de restauration ou d’assainissement d’écosystèmes forestiers dans le monde entier et surtout dans les grands pays tropicaux.

Deuxio, CarbonX convertit ensuite ces « crédits carbone » en crypto-monnaie Bitcoin sous la forme de jetons qu’ils appellent CxT, lesquels peuvent alors être vendus à des détaillants (telle la firme Home Depot) ou à des fabricants, lesquels pourront alors, à leur tour, les distribuer en les utilisant comme des incitatifs pour leurs consommateurs à faire des choix plus écologiques.

 

CarbonX en un coup d’œil.

 

À titre d’illustrations de ces choix plus écologiques ainsi favorisés, vous pourriez obtenir des jetons CxT pour prendre un service public de transport routier au lieu d’un véhicule personnel, ou encore pour acheter des fruits de mer produits localement plutôt que de les importer d’Asie du Sud.  Les consommateurs ainsi récompensés avec des jetons CxT au moment de leur achat peuvent les stocker dans un portefeuille numérique qu’ils pourront  ensuite utiliser pour acheter d’autres produits et services.  Par exemple, Home Depot pourrait, selon ce projet, vous offrir un jeton CxT pour votre achat d’une tondeuse à gazon éconergétique, lequel jeton CxT pourra subséquemment être utilisé pour tout autre achat dans le magasin.

Tout cela peut sembler un peu compliqué et fastidieux à appliquer pour le consommateur moyen, mais les dirigeants de CarbonX nous assurent que ce fonctionnement complexe sera certes présent mais également caché de la vue.  Pour les consommateurs, tout le processus apparaîtra comme une interface utilisateur fluide où toutes les transactions entre les échanges, les jetons CxT et les produits finis seront transparentes.  Ainsi, la technologie blockchain permettra de nouveaux systèmes de fidélisation tout à la fois décentralisés, hyper-performants et beaucoup moins coûteux à gérer que les versions actuelles.
 

 

Daniel Clapin-Pépin MBA, Scol.Ph.D. (Science-Po)
Professeur à l’École des sciences de la gestion
Université du Québec à Montréal
Département des sciences comptables

3 Commentaires

  1. Daniel Leduc

    Bonjour,

    Si vous croyez que la chaîne de blocs peut être d’un grand secours pour l’écologie, vous devriez prendre connaissance des informations suivantes:

    https://www.wired.com/story/bitcoin-mining-guzzles-energyand-its-carbon-footprint-just-keeps-growing/
    https://powercompare.co.uk/bitcoin/
    https://digiconomist.net/bitcoin-energy-consumption

    Deux exemples simples:
    – avec l’énergie d’une SEULE transaction bitcoin, on peut faire rouler une Tesla Model S pendant plus de 5000 km;
    – avec l’énergie de 42 transactions bitcoins, on peut combler tous les besoins énergétiques d’une residence unifamiliale moyenne québécoise pendant TOUTE UNE ANNÉE.

    Le bitcoin n’est que la première application répandue de la technologie de la chaîne de blocs. C’est la chaîne de blocs qui est à l’origine de cette consommation d’énergie aberrante.

    1. Daniel Clapin-Pépin (Auteur de l'article)

      D’une part, Monsieur Daniel Leduc, j’apprécie grandement votre commentaire critique à l’effet que la nouvelle technologie des chaînes de blocs – ou « Blockchain » en anglais – soit extrêmement énergivore en électricité, tout comme ce fût également le cas pour l’émergence fulgurante de l’Internet au début des années 1990.

      D’autre part, ce phénomène de surconsommation d’électricité tel que généré par le développement mondial des chaînes de blocs n’est pas nécessairement de nature « anti-écologique » car cela dépend de la source – renouvelable et « propre » (telle l’énergie solaire ou hydro-électrique) ou « sale » (comme le charbon ou le gaz naturel) – de ladite électricité.

      Je reviendrai plus tard sur ce sujet dans le présent blogue, notamment en me référant à l’exemple de la firme québécoise Bitfarms qui investira 250 millions $ en Estrie au Québec suite à une entente privée avec le distributeur local d’électricité Hydro-Sherbrooke.

      1. Gildas

        “ce phénomène de surconsommation d’électricité tel que généré par le développement mondial des chaînes de blocs n’est pas nécessairement de nature « anti-écologique » car cela dépend de la source”
        C’est très étrange comme réflexion !
        Quelque soit la source d’électricité, sa production, son stockage et sa consommation ne sont jamais neutre en terme de destruction du vivant. Donc toute surconsommation est à bannir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *