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Trudeau est-il ignorant ou lâche face au dilemme cornélien de l’écologie (la vie) versus l’économie (le profit) ?

Trudeau est-il ignorant ou lâche

Précisons d’abord ce qu’est un « dilemme cornélien », c’est-à-dire  la notion d’un choix entre deux valeurs tout aussi importantes et estimables l’une que l’autre.

Le plus bel exemple en est « Le Cid », cette dramatique pièce de théâtre de Pierre Corneille où Rodrigue veut épouser Chimène qui l’aime et dont il est amoureux, mais qui doit par ailleurs venger l’honneur de son père bafoué par le père de Chimène ; la querelle des deux vieillards rejaillit sur la destinée des deux jeunes gens, car si Rodrigue obéit à son devoir, il doit alors tuer le père de sa promise, mais du coup perd son amour, et s’il refuse la vengeance au profit de l’amour, il manque à son devoir et portera toute sa vie la marque de la lâcheté.

Il en va de même de Justin Trudeau qui préfère, pour l’heure, ne rien décider face à la menace climatique des énergies fossiles issues des sales sables bitumineux d’Alberta :

« (…) « On ne peut pas choisir entre l’environnement et l’économie », a affirmé M. Trudeau, convaincu de pouvoir concilier la lutte contre le réchauffement climatique et la croissance économique. »

Il faut être soit ignorant de la science dénommée climatologie, soit le plus poltron des lâches se cachant derrière sa fausse image d’écolo bien-pensant, pour oser prétendre « concilier » le chaud et le froid sans tomber dans le tiède insipide telle cette « taxe canadienne sur le carbone ».
Pour illustrer l’insignifiance de cette « tiédeur » canadienne, qu’il me suffise ici de comparer cette taxe carbone canadienne fixée à 10 $ la tonne de CO2 en 2018 (et devant augmenter progressivement à 50 $ en 2022) avec la taxe carbone de la Suède à 109 euros la tonne de CO2 en 2010.

En somme, il est mathématiquement impossible de concilier une hausse de 40 % des sables bitumineux d’Alberta d’ici 2025 avec la double nécessité 1) de réduire les émissions canadiennes de gaz à effet de serre conformément à l’accord de Paris du 12 décembre 2015 (par ailleurs ratifié par le Canada), et 2) laisser dans son sol canadien plus de 85 % de ses ressources pétrolières connues s’il veut aider la planète à éviter la catastrophe climatique selon une étude publiée dans la prestigieuse revue Nature.

Pour conclure en répondant à ma question de départ, m’est avis que Trudeau est tout autant ignorant que lâche face au dilemme cornélien de l’écologie (la vie) versus l’économie (le profit) : honte au Canada sous la gouverne de pareil bouffon.

Daniel Clapin-Pépin MBA, Scol.Ph.D. (Science-Po)
Professeur à l’École des sciences de la gestion
Université du Québec à Montréal
Département des sciences comptables

 

 

 

 

 

 

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