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Qui sont les principaux responsables du dérèglement climatique ? (Vidéo Inclut)

principaux responsables du dérèglement climatique

La réponse quantitative à cette question est que ce ne sont seulement que 90 entreprises qui sont responsables de près de 50 % de la hausse des températures.



Plus en détail, une toute récente étude de l’ONG américaine Union of Concerned Scientists (UCS) – publiée le 7 septembre dans le journal scientifique Climatic Change – nous apprend que les 90 plus grandes entreprises du monde, toutes productrices de pétrole, gaz, charbon et ciment, sont responsables A) de 57 % de la hausse de la concentration atmosphérique en CO2, B) de près de 50 % de la hausse de la température moyenne mondiale et C) d’autour de 30 % de la hausse du niveau moyen des mers observées depuis 1880.

De ce nombre des 90 plus grands pollueurs atmosphériques, je n’en liste ici que les 20 plus importants que je présente par ordre d’importance décroissante eu égard à la contribution globale relative de chacun à la hausse de la température moyenne mondiale pour la période historique de 1880 à 2010 :

1) Chevron, USA
2) Saudi Aramco, Saudi Arabia
3) ExxonMobil, USA
4) Gazprom, Russia
5) BP, UK
6) Royal Dutch Shell, The Netherlands
7) National Iranian Oil Company, Iran
8) Petroleos Mexicanos, Mexico
9) British Coal Corporation, UK
10) Petroleos de Venezuela, Venezuela
11) Conoco Philips, USA
12) Coal India, India
13) Peabody Energy
14) Total, France
15) PetroChina, China
16) Kuwait Petroleum, Kuwait
17) Abu Dhabi, United Arab Emirats
18) Sonatrach, Algeria
19) CONSOL Energy, USA
20) BHP Billiton, Australia

Comparaison « privé » versus « public »

Il est intéressant de noter que parmi ces 90 entreprises, on compte un total de 50 entreprises privées (soit 56 %) – dont Exxon, Chevron, Shell BP et Total – qui n’est responsable que pour 16 % de près de 50 % de la hausse de la température, soit une contribution relative et comparative globale de 32 % pour le secteur « privé » versus 68 % pour le secteur « public ».

Cette comparaison procentuelle nous indique que les sociétés d’État (par pays) sont quasi doublement plus polluantes que les firmes privées et que, par conséquent, les dirigeants politiques du secteur public sont encore plus climatiquement « immoraux » que leurs comparses du secteur privé.

On sait déjà que les grandes entreprises privées suivent dogmatiquement la logique capitaliste (de la maximisation du profit trimestriel à court terme) qui guide ces épouvantables pollueurs de l’atmosphère, et qu’il n’y a donc que la « morale » utilitariste de l’argent qui leur soit audible et acceptable.

D’où l’on peut en conclure que ces spoliateurs climatiques sont tout à la fois « amoraux » (mises à part les règles monétaires régissant le droit corporatif & commercial) et « immoraux » (c’est-à-dire avec des comportements malsains pour le « bien commun » atmosphérique et sans scrupule pour les 7,5 milliards d’habitants de notre planète.

Ce qui signifie donc que, pour responsabiliser les « écocriminels » du secteur privé, seuls les États – au nom de leurs citoyens lésés dans leur droit à un environnement sain – ont le pouvoir réel de les contraindre légalement à payer le coût de leurs dommages liés au dérèglement climatique.

Mais qu’en est-il pour les États eux-mêmes ci-devant listés (Arabie saoudite, Russie, Iran, Chine, États-Unis, Inde, France, Algérie, etc.) ?

Réponse : seule une réponse politique de leurs citoyens respectifs peut responsabiliser leurs dirigeants et ce, avec l’accord et le soutien de leurs nations voisines réunies à l’ONU.

Je souscris donc à la conclusion suivante de l’« Union of Concerned Scientists » que j’estime nécessaire (en théorie) mais non suffisante (en pratique) => « (…) Ces compagnies (des secteurs privé et public) devraient prendre en charge une partie des coûts gigantesques liés aux impacts du changement climatique et aux investissements nécessaires pour l’adaptation au réchauffement à venir. »

 

Daniel Clapin-Pépin MBA, Scol.Ph.D. (Science-Po)
Professeur à l’École des sciences de la gestion
Université du Québec à Montréal
Département des sciences comptables

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