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Les crédits carbone étant des droits de polluer, sont-ils dès lors écologiquement et éthiquement acceptables ?

Les crédits carbone sont-ils écologiquement et éthiquement acceptables ?

Plusieurs réponses à cette double question sont exprimables selon A) la définition donnée aux susdits crédits carbone et surtout dépendamment B) du point de vue retenu.

Personnellement, ma réponse est doublement négative, et voici pourquoi.

Parmi les milliers de définitions possibles des crédits carbone, l’une de mes préférées est la suivante de la Fondation David Suzuki et de l’Institut Pembina, à savoir qu’un crédit carbone est « un crédit compensatoire de carbone à titre de service par lequel l’acheteur paie quelqu’un pour qu’il réduise, en son nom, ses émissions de gaz à effet de serre en investissant, par exemple, dans une entreprise agricole alimentée par des éoliennes ; cela permet aux acheteurs d’assumer la responsabilité de leur impact climatique. »

Tout comme en comptabilité en partie double où la somme des débits doit toujours égaler le total des crédits, l’on peut mathématiquement en conclure que sur une base globale planétaire, l’ensemble mondial de tous les crédits carbones mis en œuvre – et vendus sur le marché du carbone (également dénommé, en anglais, « Cap and Trade ») en compensation d’autres émissions de gaz à effet de serre résulte alors en un jeu à « somme nulle ». Annie Leonard explique bien le phénomène « Cap and Trade » dans ce court vidéo:



Dès lors, du point de vue « holistique » de l’écologie, il nous faut conclure que les crédits carbone ne sont pas acceptables puisqu’ils ne produisent pas, globalement, une  réduction des gaz à effet de serre principalement responsables du dérèglement climatique.

Pour le point de vue éthique, la réponse est implicitement fournie par le libellé même de la question, à savoir que « les crédits carbone étant des droits de polluer », il en découle automatiquement, par définition même, une invalidité éthique.

Cela dit, je me permettrai ici de retenir, en appui à mon raisonnement précédent, le même « point de vue » que celui du Pape François qui s’est permis d’énoncer la même critique que la mienne – mais exprimée en termes plus « pontificaux » – en date du 24 mai 2015 à la section 171 suivante de sa Lettre encylique « Laudato si » portant sur la sauvegarde de notre maison commune :

« (…) 171. La stratégie d’achat et de vente de “crédits de carbone” peut donner lieu à une nouvelle forme de spéculation, et cela ne servirait pas à réduire l’émission globale des gaz polluants. Ce système semble être une solution rapide et facile, sous l’apparence d’un certain engagement pour l’environnement, mais qui n’implique, en aucune manière, de changement radical à la hauteur des circonstances. Au contraire, il peut devenir un expédient qui permet de soutenir la sur-consommation de certains pays et secteurs. »

 

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